2.1. Quels organismes doivent être impliqués dans un programme de contrôle de la rage canine ?

La rage affecte de multiples secteurs, y compris la santé humaine et la santé animale, es animaux sauvages et domestiques, par conséquent de nombreux secteurs sont responsables du contrôle de la rage. Bien que les organismes impliqués dans la prévention et le contrôle de la rage aient des responsabilités qui varient considérablement selon les pays, les organismes suivants devraient être impliqués (à noter que la terminologie varie également selon les pays, par exemple, dans certains pays, les Ministères sont appelés départements) :

Les Services vétérinaires et organismes publics de lutte contre les zoonoses :
- Les Départements/Services vétérinaires, habituellement intégrés au Ministère de l’Agriculture ou le Département de lutte contre les zoonoses du Ministère de la Santé sont généralement les principaux organismes responsables de la réglementation du contrôle de la rage canine, y compris des campagnes de vaccination des chiens et des opérations de surveillance.
- Les Services vétérinaires pourraient aussi prendre la responsabilité de la rage du bétail (dans la plupart des pays) et de la rage de la faune sauvage (comme aux Pays Bas).
- Les Services vétérinaires ou Départements de lutte contre les zoonoses prendront également la tête des investigations (par exemple, le suivi des morsures des chiens, de l’origine de l’infection, l’identification des personnes/animaux qui auraient pu être en contact et qui sont exposés au risque de contamination) et des aspects opérationnels afin de contenir et de contrôler un épisode de rage chez l’animal. Des directives détaillées sur la gestion d’un épisode de rage sont fournies ici.
- Les laboratoires nationaux de la rage sont généralement intégrés au sein du Ministère de l’Agriculture et/ou du Ministère de la Santé, selon que les échantillons humains et animaux sont traités dans le même laboratoire ou non.
- Les Postes de contrôle zoo sanitaires et les points de contrôle, également situés sous la juridiction des Services vétérinaires, sont responsables de la vérification des certificats de santé et de la santé des animaux entrant dans le pays et/ou dans les installations de quarantaine.

Le Ministère de la Santé :
- Le Ministère de la Santé est responsable de la prévention de la rage chez les humains (vaccinations prophylactique et post-exposition).
- Le Ministère de la Santé collabore également avec les autorités vétérinaires et les autorités locales lors de l’étude et du contrôle des épisodes de rage pour protéger la santé humaine (par exemple la surveillance de la population à risque, des cas et des morsures de chien, la formation des professionnels, les conseils sur le contrôle de la santé publique, les interventions médicales et les conseils au public).
- Le Ministère de la Santé peut être le principal responsable de la lutte contre la rage canine en coordination avec les autorités locales ainsi que de l’approvisionnement en vaccins (comme c’est le cas dans plusieurs pays d’Amérique latine) (ÉTUDE DE CAS EN COLOMBIE). Les bénéfices en matière de santé publique résultant de la réduction des expositions humaines et de la baisse consécutive de la demande en vaccins antirabiques onéreux peuvent être significatifs.
- Les Services spécialisés du Ministère de la Santé peuvent jouer un rôle important dans la sensibilisation des communautés et dans la prise de conscience (ÉTUDE DE CAS AUX PHILIPPINES).

Le Ministère des Ressources Animales :
Le Ministère des Ressources Animales est responsable de la rage du bétail dans certains pays (par exemple en Afrique de l’Ouest).

Le Ministère des Ressources Naturelles et de l’Environnement/Tourisme :
- Le Ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement/du Tourisme est compétent en matière de surveillance et de contrôle de la rage chez les animaux sauvages dans certains pays (par exemple, certains pays du sud et de l’est de l’Afrique).
- Il peut jouer un rôle lorsque problèmes liés aux chiens présentent un danger pour la faune sauvage (par exemple, contrôle des chiens errants dans les zones protégées).
- Il peut également appliquer des mesures pour empêcher les chiens d’accéder aux déchets ou aux eaux usées.

Le Ministère de l’Éducation :
Le Ministère de l’Éducation peut jouer un rôle essentiel dans la mise en œuvre des programmes de sensibilisation sur la rage, en particulier avec les initiatives éducatives destinées aux enfants et avec la diffusion vers le grand public d’informations sur la prévention et le contrôle de la rage (ÉTUDE DE CAS AUX PHILIPPINES) (ÉTUDE DE CAS PORTO RICO).

Le Ministère des Finances :
- Le Ministère des Finances peut fournir une assistance au développement de mécanismes de financement interministériel pour soutenir des programmes durables de lutte contre la rage.
- Le Service de la douane et du contrôle des frontières a la responsabilité de surveiller l’importation des animaux et le cas échéant, de mettre en œuvre des services de quarantaine.

Le Ministère de la Défense/de l’Intérieur :
- Le Ministère de la Défense est compétent en matière de contrôle et de sanctions sur la protection des animaux (par exemple la prévention de la cruauté envers les animaux).
- Les policiers peuvent aussi jouer un rôle dans les contrôles routiers afin de limiter/contrôler les mouvements des animaux.
- Dans certains pays, le Ministère de la Défense a aussi des devoirs en vertu de la Loi sur la santé animale et des ordonnances/arrêtés sur la rage avec la déclaration de la présence avérée ou soupçonnée de la rage et l’application des dispositions réglementaires.
- Le Ministère de la Défense peut également être chargé de sanctions, si la mise en observation d’un chien suspect de rage n’est pas acceptée par le propriétaire.

Le Ministère de la Justice :
Le Ministère de la Justice peut fournir une assistance juridique et des conseils sur les lois, les arrêtés et les règlements liés aux stratégies de contrôle de la rage.

Le Ministère du Travail :
Dans certains pays (comme les Pays-Bas) le Ministère du Travail aura la responsabilité de la santé et la sécurité des professions à risque accru d’infections par la rage.

Les Collectivités locales (Conseil Général, Conseil de district, municipalités) :
- Les autorités locales ont généralement la responsabilité de la mise en œuvre de la prévention et du contrôle de la rage au niveau local avec les conseils des autorités de niveaux supérieurs (national ou provincial) en collaboration avec les vétérinaires privés et les organisations non gouvernementales.
- Dans de nombreux pays, les autorités locales sont responsables de l’élaboration et de l’application de la législation relative à la possession d’un chien (par exemple, l’enregistrement, l’identification par micros puce, la vaccination, l’obligation de la laisse, les abandons) et la gestion des populations canines (par exemple, la mise en fourrière avec la conservation des animaux, la vaccination, la récupération par le propriétaire, la restitution ou l’abattage/élimination des animaux non réclamés, les services de stérilisation et de l’assainissement).
- Les autorités locales peuvent parfois être en charge de la construction d’abris pour les chiens non désirés.

Le Comité Interministériel ou Task Force :
- Un organe de coordination (un comité interministériel ou Task Force) destiné à résoudre les problèmes de coordination entre les différents Ministères qui ont chacun des responsabilités propes, est nécessaire. Cest task force Interministérielle devrait avoir la responsabilité de coordonner l’exécution des différentes parties du programme national de prévention et de contrôle la rage (ÉTUDE DE CAS COLLABORATION INTERMINISTERIELLE).
- Dans les circonstances exceptionnelles (par exemple lors de l’introduction de la maladie dans des zones indemnes de rage), des commissions d’experts avec des représentants des différents Ministères (par exemple les Ministères de l’Agriculture et de la Santé), peuvent être créées.
- En général, les collaborations interministérielles sont essentielles à la mise en œuvre efficace des nombreuses étapes d’un programme national de contrôle de la rage canine (ÉTUDE DE CAS AUX PHILIPPINES) (ÉTUDE DE CAS EN PORTO RICO) (ÉTUDE DE CAS EN COLOMBIE) (ÉTUDE DE CAS EN THAÏLANDE).

Les Institutions :
Les institutions universitaires et de recherche (par exemple, les facultés de médecine vétérinaire et de médecine générale, les instituts Pasteur) ont souvent l’infrastructure en plus de l’expertise pour mener des recherches opérationnelles, diffuser les résultats, fournir des conseils techniques sur la conception et la mise en œuvre des stratégies de contrôle de la rage et dispenser une formation aux professionnels de la santé humaine et animale. Les publications scientifiques ou les rapports de ces institutions peuvent être utilisés pour valider les activités de contrôle de la rage.

Les Organisations Non Gouvernementales :
Les organisations non gouvernementales locales, nationales et internationales peuvent jouer un rôle crucial pour obtenir des ressources, sensibiliser le public, l’éduquer à la possession responsable des animaux familiers et à la gestion des populations canines et concevoir et mettre, en œuvre des programmes de contrôle de la rage canine. En savoir plus sur les travaux de certaines de ces organisations.

Le Secteur Privé :
- Les vétérinaires privés et les médecins praticiens ont des responsabilités clés pour conseiller les propriétaires de chiens, les personnes qui s’en occupent et les victimes de morsure.
- Ils ont un rôle actif dans la surveillance de la rage et dans la mise en œuvre des programmes de contrôle de la rage.
- Les vétérinaires privés peuvent jouer un rôle important en assurant la vaccination des chiens à propriétaire et l’éducation des propriétaires de chiens et de leurs familles.

Organismes statutaires vétérinaires et médicaux :
Ces organismes statutaires participent souvent à la formation continue des professionnels associés. Ils peuvent aussi être intéressés à diffuser des informations ou organiser des formations spécifiques sur le contrôle de la rage. Dans certains pays, ils sont consultés lors du développement des programmes nationaux de contrôle de la rage.

Médias :
Lorsqu’ils sont correctement informés, les médias peuvent fournir de précieuses informations au public en cas d’épidémie et aussi améliorer la sensibilisation à la rage. Toutes les informations diffusées doivent être approuvées par les services de santé publique et les services vétérinaires qui en garantissent l’exactitude et la cohérence.

Organismes internationaux :
Des agences internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et l’Organisation panaméricaine de la santé (PAHO) ainsi que d’autres associations vétérinaires ou médicales mondiales éditent des directives sur la fourniture et l’approvisionnement des produits biologiques nécessaires. Elles peuvent aussi contribuer à la planification nationale et régionale de programmes de contrôle de la rage. Les unités techniques d’organisations régionales, telles que l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) ou la Communauté de Développement de l’Afrique australe (SADC), peuvent apporter leur aide au développement et au soutien de programmes régionaux de lutte contre la rage lancés par leurs États membres. Ces organisations peuvent aussi fournir une supervision indépendante des projets (ÉTUDE DE CAS Au KWA ZULU NATAL).




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Quatrième version - dernière mise à jour, Novembre 2017