5.4.3. Y a t-il des signes spécifiques observables chez un animal pour confirmer qu’il est enragé ?

Les signes cliniques de la rage sont rarement définitifs, donc si une exposition probable survient l’euthanasie doit être effectuée et les tissus du cerveau de l’animal doivent être testés par immunofluorescence dans un laboratoire de diagnostic fiable. Toutefois, si les infrastructures pour la mise en cage sont disponibles, les animaux peuvent être capturés et observés quotidiennement pour les signes cliniques de la rage.

Les chiens peuvent être confinés dans un enclos approprié ou chez le propriétaire (sous réserve qu’il n’y ait aucun risque d’exposition accidentelle du propriétaire ou d’autres personnes). Si l’animal reste en bonne santé pendant plus de 10 jours, l’infection rabique peut être exclue et les chiens doivent être vaccinés et remis à leur propriétaire. Les chiens présentant des signes de rage doivent être immédiatement euthanasiés en ayant recours aux techniques humaines décrites ici.

Quelle que soit leur espèce, les animaux enragés présentent habituellement des signes typiques de troubles du système nerveux central avec des variations mineures entre les espèces. Les signes les plus fiables, indépendamment de l’espèce, sont l’apparition d’altérations sévères du comportement et d’une paralysie progressive inexpliquée. L’évolution clinique peut être divisée en 3 phases générales : phase prodromique, phase d’excitation aiguë et phase paralytique/terminale. Cette division présente néanmoins une valeur pratique limitée en raison de la variabilité des signes et de l’irrégularité de la durée des différentes phases. Au cours de la phase prodromique qui dure de 1 à 3 jours, les animaux ne présentent que des signes non spécifiques et vagues qui s’intensifient rapidement. La maladie évolue rapidement après le début de la paralysie et le décès est quasi certain quelques jours après. Certains animaux meurent rapidement sans aucun signe clinique.

L’expression « rage furieuse » désigne les animaux présentant un comportement agressif prononcé (phase d’excitation aiguë). La « rage paralytique ou mue » désigne les animaux dont les altérations du comportement sont minimales et chez qui la maladie se manifeste principalement par une paralysie.

La méthode à six étapes de diagnostic de suspicion de la rage chez des chiens vivants

Les six critères cliniques de diagnostic de la rage sont les suivants :
1) Âge du chien ?
a) Moins d’un mois ____________________________Pas de rage
b) Un mois ou plus ou âge inconnu________________Passez à 2

2) État de santé du chien ?
a) Normal (pas malade) ou malade depuis plus de 10 jours ______Pas de rage
b) Malade depuis moins de 10 jours ou durée inconnue__________Passez à 3

3) Quelle a été l’évolution de la maladie ?
a) Apparition brutale chez un animal en bonne santé__________Pas de rage
b) Apparition progressive ou inconnue_______________________Passez à 4

4) Quel était l’état du chien au cours de l’évolution clinique des 3 à 5 derniers jours ?
a) Stable ou amélioration (sans traitement)_____________Pas de rage
b) Symptômes et signes évolutifs ou inconnus ___________Passez à 5

5) Le chien marche-t-il en rond ?
(Il trébuche ou marche en rond et cogne sa tête contre les murs, comme s’il était aveugle.)
a) Oui __________________________Pas de rage
b) Non ou inconnu_________________Passez à 6

6) Ce chien a-t-il présenté au moins 2 des 17 signes ou symptômes suivants au cours de la dernière semaine ?
a) Oui _____________________________Rage
b) Non ou présence d’un seul signe_______Pas de rage

1. Mâchoire pendante
2. Son anormal lors des aboiements
3. Langue sèche et pendante
4. Léchage de la propre urine
5. Lèche l’eau d’une manière anormale
6. Régurgitation
7. Altération du comportement
8. Morsure et consommation d’objets anormaux
9. Agression
10. Morsure sans provocation
11. Course sans raison apparente
12. Raideur à la marche ou à la course
13. Agitation
14. Morsures pendant la quarantaine
15. Semble endormi
16. Démarche ébrieuse
17. Reste souvent assis

Résumé de l’étude « Six Criteria for Rabies Diagnosis in Living Dogs. » V. Tepsumethanon, H. Wilde, F. X. Meslin ; J Med Assoc Thai. 2005 ; 88(3)




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Troisième version, dernière mise à jour, juin 2015